Après mon expérience on ne peut plus déplaisante au Champs-Elysées, le road trip en Charente et en Charente-Maritime arrivait juste à point. J’en avais conclu que j’adorais Colombes mais que je détestais Paris, que c’était trop achalandé, trop chaud, trop fou, trop stressant pour moi. Conclusion un peu hâtive, peut-être, mais hâtive ou pas, j’avais très certainement besoin d’air. Le sort de la France, du moins en ce qui concernait mon appréciation personnelle de cette dernière, dépendait des milieux et cultures français hors Paris.
Le voyage en voiture du vendredi soir comme tel n’est pas hyper intéressant. Après l’enthousiasme ressenti à la sortie de Paris puis à la vue des éoliennes plantées au bord de l’autoroute, l’ennui s’installe tranquillement devant le soleil couchant et l’absence de choses à regarder le long des routes. Notre seule source de divertissement consiste en la rare apparition de postes de péage ou de panneaux signalant la présence de radars (suite à quoi tout le monde ralentit de 150-160 km/h à la vitesse légale de 130 km/h). La fatigue de la journée commence à me gagner et je lutte contre mes paupières tombantes par respect pour le conducteur. Un arrêt à la station-service et une collation composée de Pringles vendues au triple du prix régulier a pour effet de me revigorer un peu. Je remarque avec amusement les particularités des stations-service françaises situées sur l’autoroute sur laquelle nous roulons: toujours un restaurant Paul et un petit kiosque de fast-food, toujours un bon groupe de fumeurs devant l’entrée, et quelques camionneurs d’Europe de l’Ouest ou de l’Est échangeant quelques histoires. Et, bien sûr, le coût exorbitant de l’essence.
La nuit tombe vers 22h00 et nous prévoyons arriver vers 01h00. Yannick est un conducteur concentré et je dois compter sur mon travail de DJ pour me garder occuper. Nous arrivons en Charente. Lentement mais surement, le temps passe et nous finissons par prendre une sortie qui nous mène à une route en direction d’Angoulême. En chemin, nous commençons à croiser des villages; nous passons même à côté d’une prison (!) et par la ferme de tabac où Yannick a travaillé pendant plusieurs étés. Enfin, d’anciennes demeures glauques se dressent chaque côté de nous. Nous sommes à Angoulême. Pour plusieurs, les vieilles portes grinçantes et les volets bougeant doucement au vent dans cette noirceur presque opaque signaleraient le début d’une horrible soirée; pour une passionnée de vieille architecture et de romans gothiques comme moi, l’arrivée dans de paysage lugubre me donna l’envie irrépressible de me frotter les mains et de sortir mon appareil-photo. A peine sommes nous stationnés que je bombarde les rues étroites avec mon flash. Nous arrivons devant la maison de nos hôtes au bout de quelques minutes – une maison de ville construite à la mode des années 1400 ou 1500, c'est-à-dire étroite et sur trois étages. J’adore! Nous sommes accueillis par Cécile, Michael et leurs gentils et très affectueux chats Winnie et Joe. Après avoir fait connaissance autour d’une bonne tasse de thé à l’anglaise (avec un nuage de lait), nous nous dirigeons vers le confortable lit que l’on nous avait préparé dans le salon rustique. Nous nous endormons profondément, les deux chats somnolant à nos pieds.
Le lendemain matin, le ventre rempli de viennoiseries et de bon thé, nous partons explorer Angoulême. De jour, la ville n’est pas du tout la même: glauque et inquiétante dans l’obscurité, la commune datant du Moyen-âge s’avère charmante, tranquille, lumineuse et manifestement riche en histoire et en styles architecturaux. J’ai perdu le compte des photos que j’ai prises ce jour-là; je peux seulement dire qu’Angoulême m’a séduite. Ses vieilles maisons avec fenêtres à volets et portes cachant mille histoires, ses remparts avec vue sur les communes en bas, ses rues commerciales étroites et charmantes, ses églises et son hôtel de ville ornés de gargouilles et de fioritures, ses marchés de produits locaux et savoureux, et, surtout, sa tranquillité ont fait d’elle ma ville préférée en France jusqu’à maintenant. Assise dans une succursale de la chaîne de restauration rapide Quick, je mangeais sans trop d’appétit mon menu en pensant à mon éventuel départ. Je m’étais déjà attachée à la tranquille cité ainsi qu’à nos chers hôtes. La palme de la véritable séductrice revient par contre sans doute à Winnie qui, avec ses ronrons, ses caresses et ses bisous de chat, m’a apaisée jusqu’au plus profond de mon être. C’est vraiment à contrecœur que j’ai quitté Angoulême. Pauvre La Rochelle, la barre allait être haute!
En milieu d’après-midi, nous prenons une route de campagne pour aller vers La Rochelle, histoire d’agrémenter notre route en croisant des petits villages, des fermes, des collines et de vieux arbres. Alors que nous arrivons en Charente-Maritime, le ciel se couvre, et les toits orange des maisons de la région, surement très joyeux sous un fort soleil, sonnent faux sous les nuages porteurs de mauvais temps. Je regarde les bâtiments avec une moue dégoûtée et je songe à Angoulême avec nostalgie. Une fois arrivée, j’ai cependant le plaisir de rencontrer les cousins de Yannick et leurs copines, qui nous attendaient tous chez Clément, un des cousins. Nous nous dirigeons vers une épicerie locale pour faire nos provisions en bière et en bouffe pour la soirée et pour la journée à la plage prévue le lendemain, puis nous partons vers le vieux La Rochelle. Plus touristique et achalandée que la capitale charentaise, même sous la pluie, La Rochelle réussit à me charmer avec son vieux secteur, complet avec un vieux port et de grandes tours en pierre. Nous prenons une bière dans un bar sympathique, puis nous dînons (soupons) dans un restaurant près du vieux port. Les cousins me mettent au défi de reprendre la scène du restaurant dans le film Bienvenue chez les Chtis en commandant avec un accent québécois intense. Je réussis à déstabiliser le serveur un peu avec mon meilleur accent gaspésien-chicoutimien hybride, mais il trouve des stratégies pour me faire répéter. Par respect pour ma maman qui est la Brigitte Bardot des canards, je ne commande rien avec du canard (ce qui me laisse environ trois choix) et je ne goûte que de très petits échantillons de magret et de confit du pauvre oiseau. Le premier est délicieux ; le second me déplait. Je goûte aussi du Pineau des Charentes, que je trouve excellent. Nous finissons la soirée dans une jolie maison d’été; la fête est marquée par la dégustation d’une bonne bière locale, l’Angoulême 2011, et par un décompte (suivi d’une série de bises) pour mon anniversaire qui commençait à minuit ce soir-là.
Le lendemain, les troupes se rendent à la plage après un moment de préparation post-fête un peu chaotique. La Rochelle est resplendissante sous le soleil, qui donne aux maisons blanches et aux toits orangé tout leur éclat. Nous arrivons à la plage de Châtelaillon, une jolie plage de sable donnant sur les îles de Ré et d'Oléron et, au loin... l'Amérique! Ses résidences d'été me rappellent un peu la Floride. Décidément, les paysages, la culture et l'architecture français sont beaucoup plus variés que ce à quoi je m'attendais. Sur la plage, des gens se font bronzer au soleil pendant que leur pauvre chien attaché à un parasol regarde avec envie les gens qui s'amusent avec des ballons de plage et des planches à voile sur roues. Notre groupe est rassemblé autour d'un pique-nique que l'on déguste au son des artistes prisés par radio Nova. Après avoir mangé, j'en profite pour marcher un peu sur la plage, tremper mes pieds dans l'eau, récupérer quelques coquillages et, enfin, pour m'étendre sur ma serviette, les deux pieds dans le sable chaud, le sourire aux lèvres. Nous quittons les lieux en milieu d'après-midi. Je dis au revoir aux cousins que je reverrai un jour, mais pas dans quelques mois. Yannick et moi repassons par le vieux port de La Rochelle, histoire de me permettre d'immortaliser ses tours de pierre anciennes, ses bateaux et ses façades sous l'effet d'une météo plus clémente. Nous avons même la chance de voir des artistes de rue peindre des murs désignés de graffitis les plus originaux les uns que les autres. Nous repartons avons 4 ou 5 heures de route devant nous. Alors que l'on croise Poitiers, Tours, Orléans, etc, je constate que la France commence à me plaire. Paris nous accueille avec des embouteillages, et c'est ainsi prise en otage que je vois pour la première fois la Tour Eiffel au loin.



J'ai hâte... La Rochelle est une de mes villes préférées au Monde (et j'ai bien voyagé :D ). Je me demande ce que d'autres en pensent.
ReplyDeleteSi t'as une petite envie de crème glacée pendant que tu y es, "Ernest le Glacier" dans le port de LR fais des super glaces. Tu trouveras facilement, il y toujour du monde qui attends dehors :p
Est-ce que tu as dit aux Français que c'était ta fête ou ton anniversaire? Quand j'étais en Europe, ma fête tombait pendant mon voyage en Écosse avec Marie Léger-St-Jean, et on s'est retrouvées à voyager avec deux Français qui nous ont donné un lift jusqu'à Glasgow. Quand on est allés souper ensemble, Marie a demandé à ce qu'on célèbre ma fête, et un des Français de répondre: c'est la Sainte Valérie aujourd'hui? Apparemment, fête et anniversaire ne sont pas interchangeables.
ReplyDeleteHihi! J'ai dit fête, puis anniversaire en me corrigeant. J'avais entendu dire qu'il fallait utiliser le mot anniversaire :) Je ne me souvenais plus de la raison, mais c'est vrai, les européens fêtent leur "name day" heheh
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