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Wednesday, 11 May 2011

Mon "chez-moi" en France

9 mai
       Ce lundi-là, je reste à Colombes pour la majorité de la journée. Un peu parce que le road-trip post-jet-lag m'a un peu fatiguée, un peu parce que je redoute mon éventuel retour à Paris... et tout simplement car, avec le fait que je passe un mois ici en vacances, je sens que je peux - et que je dois - me permettre ce luxe de rester en pyjama dans l'appartement illuminé par le soleil. Kitty, la reine de la maison, ne m'a pas encore tout à fait acceptée (elle me tolère), mais l'appréciation exprimée par Christine et Anne compensent ce dédain de la part du grognon félin.
Mes 26 ans soulignés à Colombes avec papi, mamie, Anne, Christine et Yannick (qui prend la photo)

       C'est seulement vers 16h00 que je m'habille, après avoir brunché en toute lenteur et après avoir consulté mes courriels. J'ai toujours de la difficulté à m'habituer au fait que la toilette soit séparée de la salle d'eau, et c'est seulement après avoir scruté l'entièreté du contenu de cette dernière que j'effectue ma petite course paniquée vers l'autre petite pièce sous le regard blasé de Kitty qui, elle, du haut de ses cinq ans, sait évidemment où l'on fait pipi, franchement. J'écris ma première carte postale à mes parents et je relis les indications qu'on m'a laissées pour m'aider à trouver le bureau de poste. Je me réjouis à l'idée de cette balade, car j'aime bien Colombes, qui recèle d'un centre-ville riche en boutiques, cafés, boulangeries et restos tout en étant très tranquille. Je ne suis pas déçue par le trajet, qui me fait voir la richesse de l'architecture de l'endroit, des grands blocs à appartements modernes aux charmantes maisons aux façades élaborées. Je croise la mairie, un carrousel, une taverne, des petits commerces... Je me sens complètement zen... Au bureau de poste, pas de cartes postales, donc ce sera pour plus tard. La dame derrière le comptoir, une femme très sympathique et pas du tout stressée, cherche pour moi les timbres internationaux pour les envois au Canada (0,87 euros) dans un vieil album aux séparateurs jaunis. Et les timbres sont des timbres old school qu'on doit déchirer et lécher! J'adore!
       Je repars vers le boulevard Valmy pour prendre le bus vers Neuilly pour rejoindre Yannick au travail. En chemin je croise une dame qui me sourit. Ca, en France, ça n'arrive pas souvent! Par contre, honnêtement, entre la gentille dame de la poste, les passants que je croise et les gentils qui disent "merci" et "pardon" dans les transports, je commence à me dire que le stéréotype du français (du parisien, surtout) désagréable correspond plus à l'exception qu'à la règle! Ce qui est vraiment désagréable, c'est de prendre les transports en commun parisiens à l'heure de pointe, sous le soleil, après une lourde journée qui avait commencé par un temps gris et humide... je reviens à Colombes non seulement avec Yannick mais aussi un malaise énorme et un mal de tête frôlant la migraine. C'est étendue sur le lit, agonisante, attendant l'effet des Advil que j'apprends qu'on nous attend pour souper chez papi et mamie! Pour fêter ma fête! Je suis à la fois au comble de la douleur et très touchée. Au bout d'une vingtaine de minutes, je trouve la force nécessaire pour me lever. Dix minutes plus tard, toute trace de malaise est effacée devant les sourires de papi et mamie qui nous acceuillent les bras grands ouverts. Au menu, du champagne (!) et du vin, des amuse-gueules, des entrées froides, du rôti de porc et du taboulé, et, en dessert, en lieu du gâteau de fête, de la crème glacée divine au café et à la vanille accompagnée de... Macarons Ladurée! Et ce n'est pas tout, j'ai été gâtée avec des cadeaux! Thé Kusmi (Darjeeling, mon préféré!), thé Mariage et Frères, et calissons de Provence!!! Les conversations autour du dîner ont été intenses, à la française, mais mon moment préféré a eu lieu quand papi et mamie m'ont pris les mains et m'ont souri avec des regards qui valaient mille mots. Quand je suis rentrée à l’appartement, je me sentais vraiment chez moi et en famille à Colombes. Pas que cela remplace ce qui occupe déjà une très grande place dans mon coeur au Québec, loin de là, mais je sens maintenant que j'ai aussi un chez moi et une famille en France.

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