Bon… alors… j’ai passé la fin de semaine – le weekend, pour les Frenchy - sous le ciel charentais, et ma journée du lundi en périphérie de la métropole où règnent cacas de chiens, croissants et clopes. Mardi, Paris m’attend pour un deuxième round. Destination : quartier Latin – quartier des étudiants et des intellos – et la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, le célèbre lieu saint sur-immortalisé par moult touristes et par les messieurs Pelletier et Garou.
-----------------------------------------------------------------------------------
Après un midi agréable passé en compagnie de Yannick et son ami Yoann, je prends le métro parisien le sourire aux lèvres. Non seulement parce qu’il est moins densément peuplé que vendredi dernier, mais aussi parce que je réalise que je navigue dans ses tunnels labyrinthiques avec l’assurance d’une habituée. Avec mon plan Cartoville de Paris, un petit livre avec cartes dépliables très pratique, je me débrouille très bien en ce qui concerne le choix de la station de métro finale, les changements de ligne et le choix du mode de transport : train, métro, etc. Je souris aussi car je trouve bien intéressant que les annonces destinées au passagers se fassent dans plusieurs des langues suivantes, tout dépendant des lignes et des stations : français, anglais, italien, allemand, japonais et/ou espagnol. Cela fait passer le temps de tenter de déchiffrer le message d’une langue à l’autre. Pas que l’attente du métro soit longue. Si, à Montréal, on attend souvent le métro 5 ou 6 minutes, ici, c’est aux 2 minutes. On n’a même pas le temps de se mettre en colère suite à un métro raté.
Je sors à la station Saint-Michel et je me retrouve entourée de charmants petits cafés situés sous les arbres. Pas très loin, une série de ponts relient les bords de la Seine à quelques îles sous un beau soleil qui fait étinceler le tout. D’accord, Paris aura une seconde chance. Je traverse un pont en suivant le boulevard du Palais pour me rendre au Palais de Justice et à la somptueuse Sainte-Chapelle. Je croise un kiosque à journaux qui me rappelle que je dois acheter des cartes postales, histoire de tenir ma promesse faite à mes parents et à mes amis. Je constate, les sourcils froncés, que ces dernières se vendent entre 0,80 et 1,50 euros. Étant une touriste qui renie son statut de touriste (je prends mes photos discrètement et je range mon plan Cartoville aussi souvent que possible), la dernière chose que je souhaite faire est de tomber dans les pièges des attrape-touristes. Je me souviens avoir entendu qu’en France, le coût de la vie au quotidien (nourriture, accessoires, etc) était plus bas qu’au Québec… et en plus, l’euro vaut plus que le dollar canadien. Donc comment une carte postale peut-elle valoir même 0,80 euros quand je peux en trouver pour 0,50 cents ou 1,85$, timbre international inclus, au Canada ? ça sent mauvais. Je décide de poursuivre ma route. Entre temps, je passe devant le Palais de Justice bien gardé (photo discrète) et la Sainte-Chapelle. La file d’attente est trop longue et je passe mon tour, en me préparant mentalement à répéter l’expérience à la cathédrale de Quasimodo. Sur le Quai de la Corse et le Quai aux fleurs, je tombe sur des boutiques de touristes aux noms les plus ridicules les uns que les autres qui vendent tous des souvenirs aux prix un peu gonflés ou de qualité discutable… et toujours, les cartes se vendent autour d’un euro. Je commence à me dire tant pis quand… Euréka ! Devant moi se dresse une des boutiques les plus kitch et rose et too much glitter que j’aie vue de ma vie, avec une vendeuse faite principalement de matières synthétiques, et, devant les horreurs de chandails qu’elle vend, je vois un stand à cartes postales où l’on vend ces dernières 12 pour 2,00 euros, soit 0,17 centimes la carte. Deux jours à Paris et je prends le métro comme une pro et j’évite les attrape-touristes avec l’assurance d’une personne de la place. Je suis assez fière de moi ! En tout cas, note aux amis qui visiteront Paris: j’ai magasiné les cartes postales pour vous, ne payez pas plus de 0,20 ou 0,30 centimes par carte ! Ce n’est pas très dur à trouver, il suffit de ne pas sauter sur le premier kiosque venu. Il faut d’ailleurs suivre la même logique pour les restos : si le prix vous semblerait cher s’il était en dollars, hé bien c’est cher.
Avant de me rendre à la cathédrale des touristes, je traverse le pont Louis-Philippe pour me rendre à l’Île Saint-Louis, puis de l’autre côté de la Seine, sur le Quai de l’Hôtel de ville. L’air ambiant est rempli de sons : la musique des accordéonistes jouant sous les yeux des touristes au septième ciel, la cacophonie de klaxons des parisiens excédés, les fous rires des passants, les bruits des cuillères et des soucoupes et des tasses… Je me retourne vers la Seine et je regarde les beaux bâtiments situés sur l’Île de la Cité. D’ici, Paris me semble très belle. Je pense sincèrement que je pourrais apprendre à aimer cette ville, ou du moins certains de ces quartiers. Je me sens tellement bien que même l’air ambiant me semble bon lorsque je prends une grande respiration, même si je le sais plein de smog. Je prends une courte vidéo de la Seine et d’un accordéoniste pour faire plaisir à ma mère qui rêve d’aller à Paris pour voir tous les éléments typiques et touristiques qui en font la renommée, puis je reviens sur mes pas, en pouffant de rire lorsque je vois Café Esméralda et Quasimodo Souvenirs dans les parages.
Mon gloussement sera de courte durée. La cathédrale Notre-Dame-de-Paris se dresse devant moi tel un géant inspirant le plus profond des respects. Mon regard est partagé entre la hauteur spectaculaire de la cathédrale dans son ensemble et les détails sculptés dans toute la structure. J’ai de la difficulté à photographier le bâtiment au complet. Après avoir pris quelques clichés avec un peu d’enthousiasme mais pas trop, je passe devant la cathédrale, prête à juste passer devant – parce que, moi, Notre Dame, bof – et je constate que la file pour rentrer est petite et que la circulation est fluide. Bah, pourquoi pas, j’ai le temps. Je prends de plus en plus de photos, car, plus on approche, plus on est frappé par le détail des figures et des personnages qui ornent la façade et l’entrée. Je pénètre dans le lieu saint en suivant une foule sans trop voir ce qui se passe, puis j’arrive au centre du mur au fond et je lève les yeux vers l’autel et le plafond. La beauté de l’endroit heurte tous mes sens en même temps. Le choc est tel que j’en perds le souffle et les larmes me montent aux yeux. La cathédrale est immense, infinie, spectaculaire. De majestueux vitraux filtrent la lumière de l’extérieur, et cette douce lumière atteint l’âme du visiteur accompagnée de discrètes voix soprano en harmonie et des odeurs et des lueurs émanant des cierges et des bougies. Moi qui ne voulais rien savoir de Paris, moi qui avais failli passer la cathédrale sans y repenser deux fois… me voilà, réduite au silence, réduite au néant, infiniment petite dans le plus bel et le plus impressionnant des bâtiments que j’aie vu de ma vie. Je perds le compte des photos que je prends pour tenter d’immortaliser ne serait-ce qu’une partie de l’atmosphère de ce lieu saint. Lorsque je ressors de la cathédrale, c’est après un bon moment, un bon moment qui ne m’a pas semblé long du tout.
Je me secoue pour me réveiller un peu. J’ai un bien meilleur moral que vendredi dernier et je suis enthousiaste à l’idée de poursuivre ma visite de Paris. Il faut que je me l’avoue, j’aime bien ce quartier, qui me semble paisible malgré son aspect très touristique, et j’ai adoré Notre-Dame-de-Paris. Je me balade un peu sur les quais de Seine avant de tourner sur une petite rue qui m’interpelle, puis je décide d’explorer les petites rues en tournant à gauche ou à droite selon ce que me dit mon sens de l’exploration. Je tombe par hasard sur un joli petit parc, sur les églises Saint-Julien-le-Pauvre et Saint-Séverin, sur le vieil hôtel Laffermas et sur The Abbey Bookshop, une petite librairie canadienne indépendante datant d’une vingtaine d’années où les livres sont disposés en rangées et en piles, du plancher au plafond, dans les escaliers et les bords de fenêtres, et accessibles par le biais d’échelles et d’étagères mobiles. Un fouillis bordélique plein de trésors, un paradis pour les bookworm ! Je poursuis ma route sur le boulevard St-Michel et je tombe, par hasard encore, sur les Thermes et l’hôtel de Cluny, où l’on retrouve le Musée national du Moyen-âge ainsi que des ruines de thermes gallo-romains (Ie-IIIe s .). Vu l’heure tardive, je termine à la course mon parcours sur St-Michel, en prenant soin de m’attarder à la Place de la Sorbonne et au Panthéon. Je contourne le Jardin du Luxembourg et je me dirige vers la station de métro de Rennes, en faisant un petit arrêt dans une des multiples librairies vendant des livres usagés et anciens – j’en ressors avec un exemplaire de L’Odyssée d’Astérix de 1981 (et je constate avec amusement que les éditions Albert René sont au 88, avenue Charles de Gaulle à Neuilly-sur-Seine et que j’ai déjà marché sur cette avenue !) et un vieux livre d’histoire naturelle, La Terre avant l’Histoire par Edmond Perrier, qui date de 1920. Bref, une journée très satisfaisante! Oh, et le soir Yannick m’a emmenée voir la Tour Eiffel illuminée. J’avoue qu’elle n’est pas si laide, le soir…



No comments:
Post a Comment