Mon séjour en France se déroule du 4 au 31 mai 2011. Je vivrai à Colombes et je visiterai donc principalement Paris, mais j'aurai aussi la chance de partir à l'aventure en Charente, en Normandie et en Bretagne.
Pourquoi?
Pourquoi aller à Paris? Pour plusieurs personnes, la question ne se pose même pas: le pays de nos ancêtres trône souvent au sommet de la liste des destinations prisées par les voyageurs québécois désireux de voir la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, les Champs-Elysées, la Seine, les rues parisiennes et les collections du Louvre.
Si vous me connaissez un peu, vous savez que je ne fais (faisais?) pas partie de ces personnes. Au Québec, je ne jure que par le Bas-St-Laurent, les Laurentides et la région de Charlevoix; à l'étranger, j'étais déjà partie explorer l'Écosse, et je rêvais de voir l'Irlande, l'Angleterre, l'Allemagne, les pays scandinaves, l'Europe de l'Est et l'Australie. La France? Meh. Rien contre, mais bon. Des beaux paysages, on en a ici, au Québec. Paris? Bof! Et puis, il faut le dire: je suis fière de mon accent, fière de ma culture, et je n'avais pas besoin de me faire parler de manière condescendante par les détenteurs de la "vraie culture", du "vrai français propre et sans accent" - termes que je juge insultants et faux et qui sont malheureusement tenus pour vrais par plein de québécois (traitres!). En plus de tout cela... ces Français... et surtout ces Parisiens... ils n'ont pas toujours bonne réputation au Québec... J'ai des amis et collègues français (dont des parisiens) super sympathiques, mais le stéréotype qu'on a souvent en tête ici (je tiens à préciser que je ne vise personne en particulier dans mes amis avec cette description), ça va comme suit: ils parlent fort, ils sont têtus, ils manquent de tact et ils sont macho! D'où les expressions du genre "mon voisin c'est un maudit français". Dit avec affection, bien sûr ;)! Et que dire de la Tour Eiffel? Beurk! On dirait un hommage à Hydro-Québec! Franchement, je suis trop fière pour aller là et pour avoir l'air d'aimer ça en plus! Ha! Allez-y, à Paris, bande de touristes! Moi, je ramasse mes sous pour le Danemark! Ha! Qu'on m'accuse d'avoir des préjugés et de juger la France avant de l'avoir vue! J'ai mon honneur de québécoise (et 0,0625% montagnaise) à défendre!
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| Pylônes d'Hydro-Québec |
Ça c'était moi l'année dernière...
Le hasard (car je ne crois pas au destin) a voulu qu'au printemps dernier, je rencontre justement mon âme sœur, mon complice, en la personne d'un voyageur français désireux de s'intégrer au Québec. Dix mois plus tard, Ô malheur, nous étions séparés par Immigration Canada, faute de pouvoir prolonger la validité du permis de travail qui lui avait été accordé. Nous estimions le délai de temps entre la fin du visa vacances-travail et l’octroi du statut de résident permanent par les autorités canadiennes à 7 mois. Un délai trop long pour que Yannick puisse rester au Québec en vivant sur ses économies, mais aussi un temps de séparation trop long. Puisque Yannick devait absolument travailler en France, et puisqu'au printemps, j'allais avoir congé entre la fin des études et l'entrée sur le marché du travail, il a été décidé que je prendrais l'avion pour la France en mai, pour un séjour d'un mois.
Au départ, j'avais juste hâte de revoir Yannick, de rencontrer sa famille et ses amis, et d'en apprendre plus sur sa vie en France, sa vie avant le Canada. Je n'étais pas super curieuse par rapport à la France, je n'aimais toujours pas l'idée de mettre les pieds à Paris (et surtout pas dans de la merde de petits chiens dont le jappement est encore plus insupportable que le cri strident d'un réveille-matin), et je m'étais promis de ne pas aller voir l'odieuse Tour Eiffel, par principe. Mais, il faut l'avouer, la famille de Yannick avait déjà commencé à affaiblir mon "armure anti-engouement-pour-les-trucs-français" en me faisant goûter des calissons d'Aix, des macarons de Ladurée (encore une fois, Anne, tu as changé ma vie!) et des nonnettes, et en me parlant des après-midis de lecture aux Jardins du Luxembourg, des petites boulangeries parisiennes et des boutiques de thé regorgeant de trésors. Et les amis de Yannick qui sont venus nous visiter au cours de l'année, hé bien, ils n'exprimaient (presque) que de la curiosité et de l'intérêt envers le Québec, ses régions, ses produits, sa culture et ses habitants. De toute évidence, il était temps que je fasse mes devoirs... d'autant plus que mon coloc est le seul que je réussisse à faire rire avec mon "imitation" de français, qui consiste à dire "Hon-hon! Camemberrrrt!" en gesticulant ou en sautillant sur place. Avis aux lecteurs français qui se sentent offusqués: pouvez-vous avouer n'avoir jamais ridiculisé notre accent et nos jurons? Non. Bon. Poursuivez.
Les guides touristiques me donnaient le goût de visiter la Bretagne, la Normandie, le Sud, l'Est, etc... mais toujours pas Paris... Mis à part les catacombes, les égouts et les cimetières célèbres, je ne trouvais point d'endroit intéressant à visiter - mon séjour allait pas mal se passer sous terre!!! Mais l'erreur que j'avais commise, c'était justement de consulter un guide touristique de Paris, car c'est justement l'engouement over-touristique au sujet de Paris qui m'énerve. J'ai commencé à consulter des blogues et des sites à part. Résultat: une montée d'intérêt subite! L'approche personnalisée et originale des blogues m'a permis de revoir les mêmes endroits d'un nouvel œil... Maintenant, les rues, les commerces et les cafés de Paris m'appellent, la Tour Eiffel me semble soudainement pas si mal (mais bon, je ne monterai pas dedans, hein!), mon estomac crie "pâtisseries françaises!", et mes valises sont faites et ne tiennent plus en place... et moi non plus! Ohé, la France! J'arrive!
Les raisons fondamentales qui se trouvent derrière la création de ce blogue sont les suivantes:
1- conserver en souvenir de ce voyage en France un journal de bord relatant mes visites, mes rencontres et mes impressions;
2- partager ces histoires avec famille et amis en détail, sans avoir à écrire 30 longs courriels par jour... ou un long courriel général dont la lecture ne serait pas agrémentée par une chouette mise en page ou par une section "commentaires" interactive, comme c'est le cas pour un blogue;
3- me ré-initier à l'écriture... narrative, descriptive, réaliste, fictive, imaginative et beaucoup plus :)
J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire que j'en aurai à vous écrire!


