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Montreal, Quebec, Canada

Thursday, 19 May 2011

Paris, ville de contrastes

16 au 19 mai 


      Ce que j’aime, à Montréal, c’est qu’il y a de tout pour tout le monde. Puisque c’est une métropole, on y trouve bien sur beaucoup d’endroits où béton et lumières règnent en maitres et où la nightlife gronde à travers les cris des oiseaux de nuit et des klaxons des voitures de tous genres. Mais on y trouve aussi beaucoup d’endroits tranquilles où l’on n’entend plus la circulation et où l’on ne voit que de la verdure et des arbres – je pense au Mont Royal, situé en plein cœur de la ville, et au Jardin Botanique, magnifique espace vert où il fait bon s’évader. Tout le monde y trouve son compte (ou presque tout le monde, car certains gens détestent tout de la ville, point), du hippie aux gens d'affaires, tant et aussi longtemps qu’on se tient dans les bons endroits au bon moment. En ce qui me concerne, les quelques lacs, les plages et le Vieux Port comblent relativement et temporairement mon besoin de vivre près d’une étendue d'eau jusqu’à ma prochaine escapade dans le Bas Saint-Laurent.

      Bien sur, j’avoue que j’adore (et je préfère) la campagne et les petits villages – et Montréal ne sera jamais Dunham, Kamouraska ou Baie Saint-Paul – mais à défaut de me trouver dans village comme ceux-là, je me réjouis de n’avoir point besoin de voiture, et de pouvoir faire toutes mes courses – essentielles et non-essentielles – en autobus et à pied. Un plaisir que je ne pourrais pas me permettre ni en banlieue, ni dans la plupart des villages en campagne. Prendre l’auto pour aller au bureau de poste ? Pff!! Bah, non !

      Si Paris a pu trouver une petite place dans mon cœur, une fois le choc provoqué par les Champs Elysées passé, c’est bien grâce au fait qu’elle contient un peu de cette diversité. Paris ne sera jamais aussi zen et ouverte que Montréal (ou du moins, je ne m’y sentirai jamais aussi bien, personnellement), mais elle présente tout de même plusieurs facettes que l'on n’aperçoit pas nécessairement au premier abord. 

      J’ai consacré mon mardi au Paris chic et somptueux que tout le monde connaît, juste parce que j’imaginais qu’il fallait voir cela au moins une fois dans sa vie : les boutiques et la cour du Palais Royal; la Comédie Française; le Musée du Louvre, que je me suis contentée de visiter de l’extérieur, car je ne suis pas une grande fan d’arts visuels, et surtout pas pour passer une journée au complet à l’intérieur; le Jardin des Tuileries (aucune des fontaines d’eau ne fonctionnait, mais c’était très joli tout de même); la Place Vendôme (l’endroit le plus dispendieux au monde où tenir boutique; on y vend les bijoux et les vêtements griffés et raffinés qui font pâlir d’envie la moyenne des riches), endroit qui m’a à la fois impressionnée et dégoutée par l’ampleur du luxe représenté; et le quartier Opéra, quartier haut de gamme réservé aux commerces et aux entreprises, qui, comme la Place Vendôme, ne m’a pas vraiment touchée au-delà de par sa beauté superficielle. Je dois par contre faire une mention spéciale à l’Opéra Garnier, qui est probablement l'un des plus beaux bâtiments que j’aie vus au cours de toute ma jeune vie. Il est tout simplement magnifique. MA-GNI-FIQUE. On pourrait le regarder durant des heures, tellement chaque détail et ornement est élaboré et soigné.  


      Le mercredi, je pars à la conquête des espaces verts - hé oui, il y en a! - et de l’histoire. Je sors du métro à la station Saint-Paul (j’aurais du sortir à Bastille, c’est une station vraiment très jolie !), je fais un croche en direction du monument de la Bastille, puis je sillonne les rues à la recherche de la Place des Vosges et de la maison de Victor Hugo. Je suis étonnée d’y trouver un parc plein de fontaines, d’arbres et de gens totalement zen, et je m’y arrête un moment pour m’imprégner de cette atmosphère apaisante qui est plutôt rare à Paris. Ombre, air frais, mélodie des fontaines, ciel bleu, l’architecture des bâtiments environnants : j’absorbe tout. Je passe devant la maison de Victor Hugo, maison de ville maintenant convertie en musée et je repars satisfaite de ce bref coup d’œil, n’ayant pas trop envie de visiter un musée et étant davantage intéressée de voir la maison que d’étudier l’auteur à travers les vestiges qu’il a laissés derrière lui. Le plat de résistance de la journée m’attend à quelques coins de rue de là : la Promenade Plantée. Nom surement moins évocateur pour plusieurs que, disons, le Musée du Louvre ou les Quais de Seine (je ne connaissais pas cet endroit moi-même avant de le voir dans le guide touristique), la Promenade Plantée demeure un de mes endroits favoris dans la métropole française. Il s’agit d’un véritable corridor vert: on traverse les 12e et 13e arrondissement (je pense) sur un chemin bordé de fleurs, d’arbres, d’arbustes et de parcs, et on voit les rues parisiennes d’en haut. On entend toujours les autos et les bruits de la ville, mais nos yeux et nos poumons se régalent ! On passe aussi dans de vieux tunnels ayant appartenu à des entreprises ferroviaires.

      Après avoir passé de la métropole française au corridor vert par excellence, en soirée, j'effectue un passage de l'Occident à l'Orient: je retourne dans le quartier Opéra entre amis, cette fois pour visiter le petit quartier japonais... et, comble du bonheur, on trouve un super restaurant, simple au premier abord, mais excellent, rapide et très abordable: une perle rare à Paris! Selon certains, Higuma est effectivement le meilleur resto japonais en ville. Une chose est certaine, son rapport qualité-prix est indéniable! C'est aussi une dose de nourriture salée qui est très bienvenue, la nourriture française étant plutôt riche et sucrée. Jeudi, je passe la journée avec ma belle-sœur Anne. Nous visitons le superbe Musée d’Orsay – avis aux gens qui adorent l’architecture mais qui restent, comme moi, un peu indifférents devant des peintures et des statuettes en général: ce musée construit dans une ancienne gare est d’une beauté époustouflante. Les œuvres qu’il contient, des peintures et sculptures de multiples dimensions et formes aux meubles d’antan, se marient vraiment avec l’architecture de l’endroit. Le Musée d'Orsay renferme également le deuxième et ultime endroit à Paris qui m’a émue par sa beauté et par sa magnificence, après la cathédrale Notre-Dame-de-Paris: la salle de bal. Cette pièce est d’une beauté impossible à décrire avec des mots. Enfin, le Musée vaut aussi le détour lorsqu’on est accompagné d’une personne qui a le même sens de l’humour moqueur que nous: il est juste assez grand et varié pour susciter une bonne heure ou deux de fous rires (plus que cela, ce serait lassant) devant les quelques œuvres qui contiennent des personnages vraiment laids ou des scènes pouvant être interprétées à toutes les sauces. Hihi! Immature, vous dites? Et alors! J’ai quand même donné mon argent à un musée au lieu de passer à côté! J’investis dans la culture, mais laissez-moi en profiter à ma façon héhé!

Après le Musée d’Orsay, Anne et moi faisons en rafale quelques rues du Quartier Latin, puis nous passons devant les Invalides, puis sur le très majestueux pont Alexandre III (sur lequel je me fais prendre en photo devant la Seine et la Tour Eiffel – hé oui, j’ai succombé, bon…), puis devant les très magnifiques Petit et Grand Palais, PUIS (oui, c'était une longue marche!) par la Place de la Concorde et la Place Vendôme. Le problème avec ces quartiers visités consécutivement est que c’est magnifique partout ; à force de voir toute cette magnificence (je répète ce mot souvent, mais il est LE mot à choisir pour l'architecture de ces quartiers), je commence à m’y habituer et à chercher autre chose!

      Nous arrivons à la Place de la Madeleine par le quartier Opéra. Une brève visite chez Au Printemps (toutes les grandes marques, et pas à petit prix) me plonge dans un état qui combine l’admiration à l’écoeurantite… Il faut croire que, bien sûr, quelque part dans mon cerveau, il s’est produit une appréciation devant ces étalages remplis de grandes marques et de beaux produits… mais au bout du compte, tout est tellement inaccessible et luxueux et exagéré (trois mots et un prix : Vitamin Water à 4 euros !?) que j’en suis ressortie non seulement avec la conviction qu’Au Printemps n’était pas pour moi (en général), mais aussi celle que Paris n’était pas pour moi (en général). Parce que Paris, c’est un peu ça aussi: le beau et le majestueux et le luxueux… et l’inaccessible et exagéré. Quand on a des moyens modestes, on a parfois l’impression que Paris est un beau spectacle qu’on regarde défiler. On n’a pas les moyens d’y participer, et il faut souvent se contenter d’en rêver. Heureusement, cela ne coûte rien de contempler l’architecture sublime de la ville et ses quelques espaces verts, comme les parcs d’arrondissements et la Promenade Plantée, sont gratuits… et quand on a faim, il y a Higuma!

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