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Montreal, Quebec, Canada

Monday, 16 May 2011

Montmartre, Quartier Latin, Saint-Germain, quais de Seine, et Cathie!

15 & 16 mai


       Ah, Montmartre. Je fais peut-être mon anti-touriste et mon anti-parisienne depuis le début de ce blog, mais, pro-touristes et pro-parisiens, réjouissez vous : Montmartre est mon point faible. Non seulement j’ai hâte de voir ce lieu touristique très prisé pour les vestiges superficiels de vie de bohème et d’artiste qui y restent, je suis dans l’obligation de vous avouer que je rêve d’arpenter les rues de ce quartier depuis que j’ai vu le film Moulin Rouge, de Bazz Luhrmann. Hé oui ! Prise en flagrant délit de délire de québécoise qui voit un film américain… Ce n’est pas que ce rêvais que « choper » une bouteille d’absinthe ou de trinquer avec un descendant de cousin de Toulouse Lautrec, c’est juste que l’esprit et l’histoire de l’endroit m’ont toujours attirée, moi qui aime bien la marginalité. De plus, nous sommes le dimanche et je suis en compagnie de mon amoureux – peut-on choisir une meilleure journée pour visiter un quartier romantique au passé intriguant ?

       Mais avant d’aller marcher bras-dessus, bras-dessous sur les pas des artistes qui ont dansé avec la Fée Verte, un petit arrêt triste mais nécessaire s’impose. C’est donc munie d’un bouquet de douze roses blanches d’une sublime beauté que je vais visiter les lieux où repose un être cher que je n’ai connu qu’en regardant des photos, en écoutant des histoires de famille et en scrutant les traits de mon amoureux. C'est une expérience éprouvante, mais pour laquelle je n’ai aucun regret ou doute. Je suis heureuse d’avoir pu rencontrer, d’une certaine façon, et rendre hommage, à ma façon, à mon beau-papa. Je suis contente de l’avoir fait pour Yannick, mais aussi pour moi. La promenade en voiture s’avère néanmoins bien moins silencieuse que je ne l’avais prévu. Après avoir ôté de mon visage deux petites rivières de mascara, je bombarde Yannick de questions. Que faisiez-vous ensemble ? De quoi aimait-il parler ? Comment était-il avec ta maman ? Était-il romantique ? Soudainement, le sujet me paraît juste un tout petit peu moins tabou. Je suis touchée de savoir que les côtes de granit rose que nous allons visiter la fin de semaine prochaine – les côtes de la Bretagne – étaient le lieu de vacances préféré de son père. J’en suis d’autant plus touchée maintenant que je sais que c’est aussi mon lieu de vacances préféré. Nous nous recueillons un instant à la cascade du Bois-de-Boulogne, près de Colombes, avant de poursuivre notre route… et notre conversation.



       Quelques minutes plus tard, l’esprit plein d’émotions et de rêves, comme l’étaient des poètes et artistes de Montmartre, que nous approchons notre deuxième destination de la journée. Cependant, nous abordons le légendaire quartier par le secteur Pigalle - secteur qui, disons le, casse un peu l’image romantique qu'on a du coin, et pas subtilement ou progressivement, mais avec, en bruit de fond, le son d’un disque en vinyle qu’on arrête subitement avec une aiguille. Pfffvvoooouuu...! Ce sont des boutiques aux façades qui ont mal vieilli, des affiches annonçant la prédominance de l’industrie du sexe et un groupuscule de policiers autour d’un mendiant qui nous accueillent. Le fameux Moulin Rouge, que l'on passe en voiture, nous jette un regard sans expression sous le ciel gris. De toute façon, je tiens à le préciser tout de suite, j’ai adoré le film, mais je déteste le principe de l’endroit. Bon. Fin de la parenthèse. Poursuivons. Le malaise inspiré par ces lieux kitsch et pas trop classe ne dure pas longtemps, car Montmartre nous salue avec ses belles rues et ses beaux immeubles. Nous nous garons en bas de la côte et nous montons voir le vieux Montmartre et ses façades colorées et pleines d’histoire. Ici, le Lapin Agile, ancien cabaret pour les marginaux situé dans un édifice datant de 1795 ; là, l’Auberge de la Bonne Franquette raconte l’histoire de l’établissement qui l’a précédé, Aux Billards en Bois, un « rendez-vous d’artistes » très prisé au 19e siècle. Évidemment, qui dit beau quartier touristique au passé fascinant, romantique et poétique dit pléthore de boutiques et de restos qui offrent tout plein de belles affiches et d’alléchantes gourmandises à des prix dérisoires. Je dis bien DÉ-RI-SOIRES. Et gare aux attrapes cachées ! Aussitôt sommes nous assis à une table d’un petit resto de crêpes vraiment basique, voire laid, assurés d’avoir un repas à un prix pas si mal en voyant la formule crêpe à 9 euros, aussitôt nous repartons indignés quand nous voyons écrit en bas de page en patte de mouche (calligraphie minuscule) que la formule comprend l’achat obligatoire d’un breuvage non-inclus – et le breuvage le moins cher est une cannette de Coke à 5 ou 6 euros ! Pour une boisson gazeuse et une crêpe vraiment basique tant au niveau de la qualité que de la quantité, il faut dépenser 15 euros ! Ça, c’est 21$, pour mes amis caribous. Nous étions sur le point de nous résoudre à ne pas partager un repas dans ce quartier romantique plein de voleurs (nous avions donc visité la Basilique du Sacré-Cœur en vitesse, avec le ventre qui grogne) quand nous tombons sur le magnifique et ABORDABLE restaurant Le Troubadour. Cour intérieure décorée de vignes, service personnel et soigné, nourriture excellente, portions raisonnables, crème brûlée divine (attention, ne pas manger trop vite, sinon nausée post-consommation assurée), facture plus que correcte… Nous voilà repus corps et âme, et prêts à terminer notre visite tranquillement, main dans la main, le sourire aux lèvres.


       Le tour du quartier terminé, l’heure trop tardive pour visiter le cimetière de Montmatre, nous partons vers le Quartier Latin, en passant par le quartier Opéra et la Place Vendôme (l’endroit le plus dispendieux au monde). Je ne me lasse vraiment pas du Quartier Latin et du secteur Saint-Germain. Je trouve que c’est l’endroit où l’on trouve le meilleur juste milieu entre le touristique et l’agréable. On s’y sent bien et on ne s’y ennuie jamais. Cafés, boulangeries, salons de thé, commerces divers, auberges plus que centenaires, pubs, resto de tous types, rues labyrinthiques, petites librairies surchargées de vieux bouquins… comment ne pas aimer ce quartier ! Après un verre au Pub Saint-Germain, nous terminons notre journée en nous baladant le long des quais de Seine, paysage à la fois romantique et choquant. Choquant, car sous les ponts couverts de fioritures que vantent les mille et un guides touristiques, on retrouve des individus que la société a oubliés. Pour passer sous un de ces fameux ponts, nous cheminons dans un tunnel sombre où l’on retrouve des abris de fortune, des petites tentes toutes croches, des bouteilles de bière brisées et une persistante odeur qui évoque l’alcool, l’urine, le manque d’hygiène… Paris a beau être la « Ville Lumière » et la « Ville de l’Amour », on ne doit pas oublier que dans ces expressions, il y a le mot ville, et comme toute autre ville, elle présente une façade moins alléchante et une dure réalité. Notre balade romantique du soir n’a point été gâchée par le triste sort des campeurs dont j’ai vu le mode de vie en marchant sous le pont, mais je crois que le fait d’avoir marché sur et sous les ponts m’a mise à part de la majorité de touristes qui ne sont en aucun point conscients de cet aspect de Paris et qui se contentent d’immortaliser le Pont-Neuf, le Musée d’Orsay et les bateaux-mouches.



       Le lendemain, c’est déjà lundi. Je retrouve Yannick pour dîner, et c’est près des Champs-Élysées, sur la terrasse de la Place de l’Étoile (alerte au TRÈS BON RAPPORT QUALITÉ-PRIX et au service rapide !) que nous partageons notre habituel et toujours agréable deux heures ensemble. Ensuite, je me dirige à nouveau vers Saint-Germain, cette fois pour rencontrer Cathie, une très bonne amie de l’université qui demeure maintenant en Angleterre et que je vois une fois ou deux par an – pas assez souvent ! Nous échangeons tout sur nos vies au Café Bizmut, puis nous visitons les Jardins du Luxembourg, profitant de chaque minute passée ensemble. Après un deuxième arrêt-café durant lequel je m’empiffre encore, c’est déjà l’heure du départ de ma chère amie !!! Je me dirige à la « maison » le cœur gros, mais heureux. Prochain rendez-vous : Montréal, fin juin !

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